Il est venu de l'acier brut, voire pauvre, parfois trouvé, parfois rouillé.Il construisait l'espace.
Puis il est entré dans la sculpture comme on entre en religion.
Comme il aimait toucher, caresser, enfouir ses mains puissantes dans des creux et des bosses, emprisonner les formes dans des cages dorées il a joué avec des spères-brillances aux mille reflets,
Ses mains, force et énergie, avec intelligence le forçaient à organiser le volume,l'enrichir, l'ouvrir, l'exploser comme si la volonté et la maîtrise d'un forgeron ancien le guidaient.
Puis il nous a parlé de l'homme face à l'immensité de l'univers, d'un ordre cosmique venu d'ailleurs auquel il offrait les sons lancinants de la matière.
Une métallophonie résonante, musicale.
Aujourd'hui il se joue de l'inox, construit totems, bols et coupes, calices paiens plats de fruits, offrandes. qu'il élève au soleil.
Objets non identifiés tombés du cosmos reflétant le ciel, le souffle de l'air l'ombre des étoiles et qui enferment en eux tous les secrets de l'inconnu.
Sorcier Il nous parle de l'Afrique, invoque ses dieux et ses démons,
il habite le vide, l'invisible, le secret.l'homme et son mystère, nos espoirs,notre vie, derrière des masques d'aujourd'hui.
la tôle formee. marquée, scarifiée, percée d'ouvertures, par ses yeux et bouches entrouvertes par ses vides nous laisse percevoir un sculpteur de talent qui aujourd'hui caresse la lumière.

Christian FORESTIER galerie, ASKEO Paris, avril 2004