L’objet sculpture prends une dimension supplémentaire par l’ajout du son.

La réunion de ces deux éléments crée un nouvel objet, une sculpture sonore qui émets ses propres fréquences.(1) L’auditeur spectateur se retrouve immergé dans un univers musical inattendu, où la matière la plus rigide devient souple, où le son devient architecture, signal spatial tourné vers l’infini. Chaque sculpture est activée électroniquement selon sa propre loi, et entre en résonance avec les autres.(2)
Il s’établit entre les œuvres, en fonction de leurs agencements, un jeu qui provoque l’échange. Echange entre le public et l’œuvre .entre le plastique et le musical, entre le fini et l’infini.
Chaque sculpture est la pièce d’une unité composite ouverte à toutes les autres et donc porteuse de messages multiples.(3)
L’ensemble est une recherche d’un sens total, une montée au-delà du miroir vers un espace inconnu dont les «Septentrions»(4) sont la première pierre sur un chemin que rien ne fige, ni ne scelle.
Les oreilles sont des récepteurs de sons, mais les vibrations sont également  ressenties par d’autres sens, la vue, le toucher, le corps tout entier. Les personnes dont un sens est déficient compense ce manque par une plus grande acuité sur les autres sens. Avec les sculptures sonores on touche les sons.(5)    
(1) Une sculpture sonore se compose de deux éléments, une sculpture métallique réalisée en utilisant la technique de la chaudronnerie: travail des métaux en feuilles, acier, laiton, ou inox de différentes épaisseurs, de 1 à 5 millimètres, plus un élément électromécanique pour la transmission des sons, la sculpture agit comme la membrane d’un haut-parleur avec sa propre couleur, et résonance, il est a noter que les sons produits ne sont pas directifs.
(2) Le regroupement de plusieurs sculptures dans une même pièce crée un effet de réverbération comme la réverbération des sons dans une cathédrale. Cet effet est amplifié et canalisé par l’ajout d’éléments électromécaniques.
(3) Le travail sonore s’articule sur deux directions: La création de pièces musicales par des compositeurs; comme la pièce crée par Jean Marc Ladet pour l’installation du CNIT et de la FNAC en 1994. L’autre direction, un travail personnel sur le son et la forme, l’atelier du sculpteur est un lieu sonore: marteaux, enclumes, meuleuses, presses, tronçonneuses, rythment le travail. Les sons sont enregistrés et travaillés pour créer des samples, ainsi les sculptures sonores restituent les sons générés au moment de leurs fabrications.
(4) 7 plus 1, en analogie avec l’effet surround 5 plus 1. L’installation sculpturale sonore «Septentrions» comprend 7 sculptures, 7 éléments électromécaniques plus 1 sculpture avec H.P. faisant office de caisson de basses, un ordinateur pc équipé d’une carte son 8 in 8 out mono, 8 amplificateurs de puissance, un séquenceur logiciel audio pour le travail sur le son.
(5) Sur cette réflexion on peut dire , que l’installation de sculptures sonores n’est pas uniquement un travail de création esthétique, il y a une portée sociale, on peut envisager des concerts pour mal entendant et non voyant.
Alain Vuillemet